Le projet
C’est la quatrième fois cet été que je dois aller au Grand Pic, les 3 précédentes ça a capoté pour la Croix et la manière (changements de plans de dernière minute, camarades de cordée avec d’autres envies, etc.). Cette fois on prévoit d’aller faire la Rébuffat avec Clément, local de l’étape. Et c’est la bonne !
Au menu : entrée-plat-dessert avec l’approche à vélo + marche, la voie, puis la traversée des arêtes jusqu’à la Croix de Belledonne.
C’est déjà une mission correcte en partant du parking à la journée, mais l’envie d’y aller à vélo depuis Voreppe se fait forte ! Ni une ni deux, je recharge la batterie du vélo (parce que quand même, on est pas des bêtes) et règle le réveil un peu trop tôt.
L’approche à vélo
Départ nocturne direction le parking de la Souille.
27km de plat jusqu’à Villard-Bonnot, puis 13km de montée jusqu’au parking de la Souille, bien aidé par mon fidèle moteur. 2h15 de mise en jambe, pour une arrivée à 7h00 au parking, heure de rendez-vous fixée la veille !

L’approche à pied
On se répartit le matos, puis c’est parti pour le Grand Pic !
1ère étape : Lac Blanc, où se découvre l’objectif du jour. Un bonjour aux chamois en passant, et pas beaucoup d’êtres humains sur les sentiers.
On arrive rapidement au pied du (très) maigre glacier de Freydane. On philosophe 2min en se disant qu’on allait le voir disparaître à un horizon pas si lointain, symbole s’il en fallait de la montagne en souffrance.
Fin de saison oblige, il est tout en glace, donc crampons obligatoires ! (Même si c’est pour 30m).
Petite bourde cramponistique pour Clément : ils sont montés en auto, pour des chaussures sans débord avant 🙃 Un peu de bricolage avec des sangles, et c’est parti ! Le système D ne fonctionne pas très bien cette fois-ci, et on s’en sort avec un bout de corde pour escamoter tant bien que mal ce pauvre glacier.
On déroule ensuite sur le socle pour atteindre l’attaque de la Rébuffat.

Voie Rébuffat puis traversée des arêtes jusqu’à la Croix de Belledonne

Arrivés au pied de la face, on prend la mesure de l’audace qu’il a fallu à Gaston (Rébuffat) pour s’engager là-dedans en 1944, avec ses espadrilles et une (maigre) poignée de pitons.
Bref, la classique défaite au shifumi pour ma part, et Clément part dans la première longueur. On déroulera bien à partir de là. Deux premières longueurs grimpantes tout en étant gentilles au niveau des cotations, et une suite étonnamment peu grimpante pour la raideur de la face. Rocher globalement sain si on reste dans la ligne (hormis quelques sections faciles en mauvais rocher).
On arrive en haut avec une bonne avance sur le timing prévu. On admire le panorama 5*, mange un bout, puis c’est parti pour la traversée jusqu’à la Croix !
La désescalade avalée, il s’ensuit de jolis passages, alternant escalade/désescalade, pas grimpants, arête qui déroule, pour arriver à la Croix et retrouver la civilisation en ce beau mercredi aoûtien ! Un régal d’évoluer dans ce cadre sauvage à côté de la maison.
La descente déroule bien jusqu’au parking, avec une belle famille de chamois croisée au Lac Blanc (nos excuses pour le dérangement !). Même si, une fois n’est pas coutume, la descente est toujours (objectivement) bien plus longue que l’approche !
Le mot de la fin
L’ensemble fait une très belle course quoi qu’il arrive, mais l’expérience d’atteindre le sommet de Belledonne en partant à vélo depuis la maison a vraiment sublimé cette journée.
Une aventure locale qui vaudra autant dans mon esprit qu’une course d’ampleur au Mont Blanc ou dans les Écrins.
Toute aventure est unique, mais celles qui partent de la maison gardent une place particulière dans mon cœur !
















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