Le projet
Ca faisait un moment que nous projetions avec Jules de grimper Babel. La grande voie Babel se dessine comme LA ligne directe du fameux Pestel, grand pilier rocheux de 250m entièrement décollé, de la paroi du Glandasse, bien visible depuis la ville de Die. Ce bijou de calcaire imaginé et ouvert du bas par P. Mussatto en 2012 (https://mussattopo.over-blog.com/article-glandasse-babel-105423771.html) nous fait rêver depuis des années. Ce sont 6 longueurs comprises entre 7b et 8a dans un profil vertical à légèrement déversant qui nous attendent.
On est début juin et le créneau nous semble idéal pour tenter notre chance dans la voie.
Pour ajouter un peu plus de fun au projet, je propose à Jules d’y aller en train/vélo pour un WE de 3 jours. Malgré qu’il n’ait jamais expérimenté ce genre d’approche pour aller en grande voie, il est très facile à convaincre et curieux de tenter l’aventure avec moi.
En route pour le probable premier Ecopoint de Babel !

Le trajet
Déplacement jusqu’à Die, c’est tout simple !
Départ vendredi de Grenoble pour 2h30 de train via 2 TER : Grenoble -> Valence Ville puis Valence Ville -> Die. Les courses sont rapidement faites à Die. Ensuite il y a seulement 8km – 350m D+ de vélo jusqu’à Valcroissant, où nous posons les vélos. Nous passons en mode grimpeurs avec les sacs bien chargés pour les bivouacs et la grimpe prévue des 2 prochains jours. Le plan est de monter jusqu’à la cabane du Ménil pour poser le camp de base et de rayonner autour pour l’escalade. A noter que le point d’eau pérenne se trouve à la fontaine de juillet (point remarquable sur IGN). Le torrent à proximité était déjà à sec.

Babel, ED4 8a 250m

Le lendemain direction Babel avec une approche de 30min depuis la cabane. L’objectif de notre journée est d’enchaîner l’ensemble des longueurs en libre, tout les 2, en tête ou en moulinette selon l’ordre de notre cordée.
Face Ouest oblige, nous nous réveillons tôt pour profiter au maximum de l’ombre et de la fraîcheur du matin.
La première longueur en 7c+ réveille bien comme il faut les avant-bras et les pieds. L2 est un 7b+ en dalle sur le début puis un final en léger devers sur prises douteuses. Nous l’enchainons à vue pour passer rapidement au 8a de la L3. Cette longueur crux est très difficile à vue donc nous prenons le temps de bien caler les sections afin de réussir flash et au premier essai. La L4 est, pour nous, tout aussi difficile que la précédente.
Nous inversons les rôles pour caler les sections et progresser jusqu’à R4 juste avant que le soleil n’apparaisse. Sous un flow mémorable, nous parvenons à grimper cette splendide L5 en 7c à vue. Plus qu’une longueur en 7b (+++), à ne pas négliger, de 50m pour sortir au sommet sous la chaleur et la douleur hurlante des pieds dans les chaussons.
A 16h, au sommet, nous sommes heureux d’avoir accompli ce petit rêve d’escalader en libre ce morceau de caillou à la journée !
Plus qu’à descendre en rappel dans la voie et rejoindre notre palace pour la nuit en faisant un détour par la source pour le plein d’eau. Pile à l’heure pour le coucher du coucher du soleil !

La suite de l’aventure
La fatigue est bien présente. Nous profitons du confort des lieux pour la soirée et la nuit. Le réveil tardif et l’heure du dernier train pour Grenoble (17h50) ne nous permettent finalement pas de remonter faire une grande voie. Nous descendons gentiment à Die pour des cafés en terrasse et une fin de WE grimpe à la falaise de Romeyer (4km du centre ville). En grimpant sur les beaux murs rive gauche, nous profitons à l’ombre jusqu’à 15h. Puis une baignade dans le Meyrosse et hop c’est l’heure du retour sur Grenoble.
Pour info, l’année précédente, ma copine et moi nous étions également rendu·es dans le Diois pour un trip vélo/grimpe en « boucle » depuis Grenoble.
Sur 4 jours, nous avions eu la chance de grimper la voie du Levant et Flatulent en Vercors dans le cirque d’Archiane puis le pilier Leprince-Ringuet au Glandasse. Pour le transport, nous avions pris le train jusqu’à Chichilianne pour ensuite rouler jusqu’à Archiane en passant par le superbe col de Menée (600D+, 33km). Le retour jusqu’à Grenoble s’est fait en train depuis Die.




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