Récit d’aventure

Le chaînon manquant – Randonnée dans la vallée d’Aspe

Antoine Hurand

Le projet

Tous les connaisseurs du monde ferroviaire (dont font partie les adeptes des randonnées en montagne sans voiture) attendent avec impatience la réouverture de la célèbre ligne transpyrénéenne de la vallée d’Aspe. Elle est pour le moment limitée à Bedous, où nous débarquons vers 13 h de notre TER en correspondance à Pau de celui de Toulouse. Notre projet est de rejoindre à pied par les crêtes la gare de Canfranc, terminus des trains espagnols. Parcourir donc à pied le chaînon manquant en attendant de pouvoir le faire en train.

La randonnée

Premier jour de mise en jambes pour rejoindre Lescun via le village de Lees par des sentiers de pays : un petit col, puis la traversée du bassin-versant d’Anitch jusqu’à la crête d’Ourtasse, d’où l’on rejoint en contrebas ce joli village où nous trouvons gîte et couvert.

Le second jour est plus ardu ; il faut d’abord rejoindre la crête frontière au col de Pau (1 944 m) en remontant le long vallon de Labrénère. Déjà 1 200 m de dénivelé depuis Lescun ! On hésite un peu dans le brouillard pour rejoindre ce col, une vraie purée de pois, car ici les Pyrénées sont atlantiques. Mais le sentier suit ensuite la crête et le ciel se dégage. Un magnifique parcours dans les estives perchées, pour arriver au col de Saoubathou, puis au refuge d’Arlet qui nous accueille pour notre seconde nuit.

Montée brumeuse au col de Pau - Pyrénées ©Antoine Hurand

Le parcours se poursuit le lendemain, toujours direction sud-est, cette fois en contrebas de la chaîne frontalière aux sommets de grès rouge lie-de-vin, dans des estives très animées par les sonnailles des brebis laitières qui viennent d’être traites. On rejoint celle de Couecq d’où une piste permet de redescendre à Espélunguère. Le sentier chemine ensuite longtemps dans une ambiance maintenant forestière, pour faire une épingle au fond du cirque d’Aspe, puis remonter afin de passer en catimini la frontière, avant de déboucher dans la station de ski de Candanchu.

Brebis à l'estive dans les Pyrénées ©Antoine Hurand

Il ne reste plus qu’à redescendre par le chemin de Compostelle (voie d’Arles) jusqu’à la célèbre gare internationale de Canfranc, à la taille démesurée (analogue à celle de Bordeaux) mais au trafic squelettique. Encore une longue journée, 9 h de marche comme la veille, qui se clôt dans les bars à tapas puis à l’auberge de jeunesse.

Arrivée à la gare de Canfranc ©Antoine Hurand

Le mot de la fin

Il nous reste à rentrer chez nous après cette belle traversée de gare à gare. Le bus de « substitution » qui a pris le relais des trains depuis la fermeture de la ligne internationale (en 1971) ne viendra pas ce matin. Impossible de passer, la route est fermée pour cause course cycliste ! Ce sont les joies de l’imprévu de la mobilité douce, comme de la voiture. No pasaran ! Le train l’aurait fait lui ! Tout cela s’est réglé dans l’après-midi, un peu de patience encore avant la réouverture de la ligne.

Le récit détaillé de cette randonnée effectuée en septembre 2022 constitue l’un des chapitres de l’ouvrage « 17 randonnées en mobilité douce. De gare en gare dans les Pyrénées » : https://www.monhelios.com/livre/350/17_randonnees_en_mobilite_douce.htm

 

Participez et racontez votre aventure

Ce projet d’édition est un projet collaboratif où tous les acteur·ices sont invité·es à participer.

Vous, lecteur·ice en faite également partie !

Alors n’hésitez plus, contactez nous et envoyez nous votre récit d’aventures avec photos pour le faire publier ici.

Ici, aucune question de niveau, de performance, de difficulté, toute aventure sans voiture est bonne à être racontée.
Au contraire, plus l’aventure paraît accessible, plus elle inspirera d’autres à sauter le pas !

Retrouvez d’autres sources d’inspirations dans nos guides

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *