Récit d’aventure

La Bordenoble – A vélo de Bordeaux à Grenoble

Camille Herlent

Le projet

En mai 2025, je me suis lancée dans la traversée en vélo de Bordeaux à Grenoble. J’étais (et je suis toujours) une petite meuf qui voulait découvrir ce fantastique pays qu’est la France, et ce de la manière la plus éco-responsable possible. Petit détail : je n’avais jamais fait un col à vélo de ma vie 5 mois avant de me lancer… L’itinéraire n’était pas du tout défini, j’avais seulement quelques endroits par lesquels je voulais passer et 15 jours devant moi (avec une pause chez la famille pour célébrer le quart de siècle !). J’investis donc dans un vélo confort que j’adapte pour pouvoir mouliner malgré de la charge, je prends ma tente et 2 sacoches et c’est parti pour l’aventure !

Je fais le trajet aller Bordeaux-Grenoble en train avec 2 changements à Valence et à Arles. Le trajet Arles-Bordeaux était un peu fastidieux entre les 1h30 de retard et les portes ridiculement étroites pour les vélos (et même pour des humain·es !). J’ai vu beaucoup d’autres cyclistes se faire refuser l’entrée car ils ou elles n’avaient pas réservé d’emplacement vélo… 

L’aventure !

Le plan initial consistait à suivre le canal du midi jusqu’à la méditerranée puis de remonter tranquillement. Je faisais mes trajets grâce à Komoot, une application qui essaye de maximiser des itinéraires cyclables ou des vélos-routes et qui ne m’a jamais déçue ! Pour le logement j’alternais entre des ami·es et membres de la famille que j’en profitais pour visiter et des hôtes et hôtesses Warmshower et CycloDort qui sont des communautés de cyclistes. Ce sont des communautés incroyables qui partagent mon intérêt pour l’échange, la mobilité douce et les aventures. J’ai donc fait des rencontres extrêmement enrichissantes et inspirantes, notamment des familles qui avaient éco-construit leur maison à l’aide d’un chantier participatif (https://zaviou.wordpress.com).

Au fur et à mesure des étapes, je me suis rendue compte que le canal du midi était sympa 2 minutes, mais ce que j’aimais au fond c’était les dénivelés, les gorges et reliefs… En écoutant les conseils des différentes personnes qui me logeaient, j’ai choisi de bifurquer dans l’Aveyron, puis le Tarn, les Cévennes, l’Ardèche, la Sainte Victoire, le Verdon et le Luberon pour finalement remonter tranquillement vers Grenoble (pour ce qui est des étapes exactes, n’hésitez pas à me contacter et je partagerais les détails avec plaisir :)).

©Camille Herlent
Une traversée de village ©Camille Herlent

Le voyage à vélo est génial pour ça : la flexibilité ! Alors que j’étais dans le Luberon, les conditions métérologiques étaient parfaites, alors je me suis motivée à monter le mythique Mont Ventoux (sans sacoches qui étaient restées au camping). Je n’étais pas rapide, certes, mais petit à petit je suis arrivée au sommet. Et quelle situation que d’être une petite femme avec mon vélo à porte-bagage et d’arriver au même point que des centaines de mecs surrentraînés avec leur vélo ultra-léger ! Et pour finir cette belle journée j’ai eu l’agréable surprise d’apprendre que les gorges de la Nesque que j’avais prévu de faire était fermées aux véhicules motorisés ce jour-même. Quel plaisir de parcourir dans le silence ces majestueuses gorges
Il y a quand même eu des hauts et des bas (15000m de dénivelé en tout, forcément ;)). J’ai crevé 4 fois à cause d’un bout de verre qui s’était logé dans mon pneu suite à une grêle extrême dans l’Aveyron. Maintenant je suis experte dans la réparation de chambre à air, je la fais en 30 minutes chrono, installation et désinstallation de sacoches incluses ! Certains jours les douleurs physiques étaient omniprésentes et les derniers kilomètres durs psychologiquement à boucler… Mais tout cela était bien moindre face aux paysages traversés et à la joie globale ressentie.

Bilan

Conclusion : Après 1500 km et 15000m de dénivelé, j’ai été bluffée par la liberté qu’offrait le voyage à vélo. J’ai pu sans difficulté adapter mes itinéraires en fonction des conseils que l’on me donnait, de ma forme et des envies du moment. C’est fou toute la distance que l’on peut parcourir avec un vélo et nos petits muscles !! 1 an après cette aventure, qu’est-ce que je retiens ? D’une part je me sens tellement chanceuse des personnes qui ont croisée ma route lors de ce périple, connues ou inconnues. Merci à vous si vous passez par là ! Ensuite si vous hésitez je vous dirais qu’il faut se lancer. Que l’on soit seul.e, inexpérimenté.e, « âgé.e », en famille, … n’attendez pas que quelqu’un se motive à vous accompagner. Si on sent qu’on a au fond de nous une aspiration, il faut y aller et puis ça déroulera !

Bonnes aventures à vous !

Vélo chargé ©Camille Herlent
En bordure de rivière ©Camille Herlent
En face du viaduc de Millau ©Camille Herlent
Le fameux éclat de verre ! ©Camille Herlent
©Camille Herlent
A l'assaut du Mont Ventoux ! ©Camille Herlent

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