L’aventure au pas de notre porte !

Parti en coup de vent en sortant du taf (faut dire qu’il n’y a pas beaucoup d’horaires de train au départ de Briançon et le dernier est à 18h25), je profite du trajet pour lire et admirer les paysages pourtant bien connus. Direction les copaines à Gap avec en ligne de mire une voie mythique de Céüse, Natilik !
Cela fait des années que cette voie me fait rêver : un cheminement unique, des styles variés entre fissures, ramping et cannelure XXL, le tout en trad ! J’en ai parlé à Gabin, avec qui je partage toujours de beaux moments en montagne, il est motivé et l’affaire est dans le sac.
Après une première journée à arpenter les belles envolées calcaires de Ventavon avec tout un groupe de copaines (à faire un prochain coup en mobilité douce) on s’éclate littéralement le bide au Nacoya, un resto asiatique très sympa.
Dès notre retour je commence à tendre mon piège avec un innocent « Ça te dit de faire l’approche de Natilik à vélo ? J’ai déjà étudié le tracé ! » et je ferraille rapidement ma prise en partageant les traces GPX que j’ai créé pour l’approche.
Bon, on élimine les traces qui font tout le tour de Céüse par les singles, ça se prêtera plus à une journée VTT complète et on valide l’approche la plus efficace. Camille prête gentiment son VTC (Vélo Tout Chemin) élec’ à Gabin, les étoiles s’alignent pour partager une belle aventure ! On est donc tous les deux en VTTAE (VTT ou VTC à Assistance Electrique), assez pratique pour les raides montées sur pistes, pour les descentes techniques (singles) mais aussi pour garder une certaine marge physique sur certains projets. De toute façon je n’ai pas encore de vélo de voyage.

Approche de Céuse à vélo
Après une nuit peu reposante, faute à un ventre plus gros que les yeux, on charge les sacoches et c’est parti !
Nous commençons par une piste cyclable qui fait le tour de Puymaure par le Nord et déjà on voit notre objectif ! On continue par les petites routes pour rejoindre la Freissinouse, puis on profite d’un superbe panorama sur la route, vue sur le pic de Bure, les Ecrins, Céüse… Dans la lumière matinale c’est un ravissement !
Bon, quand j’essaie de boire à mon Camelbak l’embout saute et je me retrouve avec un geyser que j’essaie de stopper tout en récupérant la tétine sauteuse… mais sinon la montée est efficace, certains passages sont raides !
S’ensuit une montée raide avec quelques passages marneux, on a dû pousser les vélos sur un court moment mais la piste est en bon état. On ne pourra pas en dire autant de mon VTT, chaîne et cassette sont rincées et je déraille souvent mais la chaîne ne casse pas, ça me suffit 😊
Arrivés sur la « rocade inférieure » de Céüse, on tente de monter par une piste très raide mais ça se termine par des captages… On aurait peut-être pu contourner le captage du bas mais c’était déjà un peu mission à pousser les vélos, on fait sagement le tour pour rejoindre la rocade supérieure.
On arrive enfin à la pépinière de Sigot, c’est intéressant de voir comment les forêts ont été replantées, le lieu est bucolique. On suit enfin une variante du GRP (GR de Pays) en poussant quelques fois les vélos jusqu’à une intersection sur une épaule. On laisse ici nos montures, avec pas moins de 4 antivols, faudrait être motivé pour les voler !
Fin de l’approche – À pied
Le chemin monte efficacement jusque sous la falaise et on le suit au NE jusqu’à Natilik. On a tout le temps d’admirer de belles fleurs, notamment les magnifiques Fritillaires du Dauphiné (merci PlantNet) mais aussi des narcisses et de beaux parterres de joubarbes du calcaire ! On est déjà fatigués pour plein de petites raisons mais la motivation est là.

Fritillaires du Dauphiné

Natilik TD+ 6b+>6a+
Les deux premières longueurs sont pour Gabin qui veut se challenger en fissure, objectif réussi avec une deuxième longueur en fissure malcommode (offwidth) où coincements de mains et de poings seront utiles.
Être familier avec ces techniques ainsi qu’avec les renfougnes permettront de ne pas avoir de fracture du mental !
Ça vaut le coup de remettre des grosses tailles dans le sac pour ne pas s’encombrer pour la suite (au moins le #4 et potentiellement les doubles).
La longueur suivante protège moins bien avec une partie engagée après le goujon, on peut mettre quelques friends moyens dans des trous dans une zone facile et on traverse pour rejoindre un piton puis le relais.
On arrive enfin à la longueur mythique de ramping avec une sortie sur écaille plein gaz ! On peut compléter les pitons + goujon du ramping avec quelques grosses tailles, on redescend un peu pour attaquer l’écaille (friends moyens jusqu’au #3 possibles à placer dans l’écaille) monter droit dessus puis traverser avec des bonnes mains et des petits pieds. Encore un pas engagé pour se rétablir au relais. La retraite est impossible à partir de cette longueur !
Dernière longueur sur une splendide cannelure mangeuse d’hommes et de femmes, c’est équipé sauf le dernier mur facile après la vire (1 goujon enlevé).
Descente
On va au sommet pour profiter de la belle vue et on fait une pause à l’abri sur des dalles taillées pour la sieste au milieu des crocus et des colchiques. Fait assez étonnant, le cairn du sommet fourmille de coccinelles alors que d’autres cairns n’en voient aucunes.
Apparemment, cela leur permettrait de passer l’hiver au sec, elles sortent ensuite des failles lorsque les rochers se réchauffent !
On descend efficacement par la via ferrata (à sens unique, cela ne gêne pas) et on se pose la question d’enchaîner sur une autre voie (comme Maî facile) mais on préfère rentrer, les batteries des vélos et des bonhommes sont à plat.



Matériel
- Friends #0.3 – #4, doubler #1 – #3 confort
- Câblés très optionnels selon nous
- 8 dégaines dont 4 rallongeables
- 2 sangles
- Gants de fissure recommandés pour la 1ère moitié de voie
Durée
Train depuis Briançon : 45min
Approche à VTTAE : 1h45
Approche à pieds : 40min
Voie : 3h
Monter à Céuse en VTTAE (ce qui nous semble le plus efficace/pratique)
De la gare, monter au « Crèvecoeur » puis contourner Puymaure par le N grâce à la piste cyclable, prendre la petite route du « Pornet », suivre la RD994 et reprendre les petites routes pour rejoindre la Freissinouse. Prendre la route qui passe par « les Crottes » et bifurquer du point 1026m jusqu’au point 1074m vers « la Davine », prendre ici la piste jusqu’à la rocade inférieure puis la piste du Fays pour atteindre la rocade supérieure. Monter la variante du GRP jusqu’au chemin sur une épaule.

Monter à Céuse en gravel
Même accès jusqu’à la Freissinouse (on peut aussi passer par d’autres routes vers St Jean), passer au lac de Pelleautier puis le col du Villar et les hameaux des « Rois » et du « Casot ». Au « Piémont de Céüse », prendre la piste au N vers la grotte des Maquisards et bifurquer avant pour rejoindre la route forestière des Breniers. S’arrêter au croisement avec le GRP.
Descentes en rejoignant la rocade supérieure
Option 1 par les pistes : Descendre par l’itinéraire de montée.
Option 2 par les singles : Depuis la jonction entre le GRP et la rocade supérieure, continuer vers le N jusqu’à trouver un single, le descendre jusqu’à la rocade inférieure, suivre la piste vers le N et reprendre le single du GRP jusqu’au lac de Pelleautier, continuer par le GRP jusqu’à Neffes et revenir par les petites routes et les pistes cyclables.
Quelques beautés de la nature
Le mot de la fin
On a tous les deux apprécié l’approche à vélo, cela remet les accès comme un but en soi et non plus un moyen. Notre regard s’ouvre sur des paysages et des scènes que l’on ne verrait même pas en voiture, ici une prairie bucolique et là un bouquet de fleurs printanières ! Je ne peux que recommander à chacun·e d’implémenter des mobilités douces (train, bus, gravel, VTT) dans sa pratique, selon ses possibilités.
Gabin est bien motivé pour réitérer ces approches douces, mission accomplie 😊
On pourra regretter le coût des trains, seul frein à une mobilité pour tous·tes ! D’autant plus avec l’ajout d’une réservation obligatoire (et non fonctionnelle) à 1€ pour tout trajet avec un vélo dans les zones PACA et AURA…
Astuce : On peut prendre la carte « Zou malin » à 20€ qui fait -30% sur tous les trajets bus et train (TER) en PACA (y compris pour 1 accompagnant) sur 1 an, c’est vite rentabilisé !





















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