PARTisan du moindre effort

Par Florian Garibal, Alexis Grojean, Robinson Provent, Fabien Lopez

Depuis mon arrivée sur Grenoble il y a 4 ans, je n’ai pas arrêté de chercher comment aller grimper sans voiture.
Cette liberté et cette satisfaction que cela me fait ressentir a un certain goût de reviens-y. Elle m’amène souvent à rencontrer des gens, découvrir des lieux et parfois en apprendre plus sur le spot. L’espace d’une journée j’ai l’impression de faire partie du lieu, de ne pas être venu en simple consommateur.
Pour autant j’ai eu beaucoup de mal à convaincre les copaines de partir avec moi. Trop sportif, trop long qu’iels disaient.
Je me suis donc mis à chercher les itinéraires et moyens les moins sportifs possibles pour aller grimper et, j’ai trouvé !

J’ai eu beaucoup de mal à convaincre les copaines de partir avec moi. Trop sportif, trop long qu’iels disaient

Le plus simple, et de loin, depuis Grenoble, c’est le col de Porte, le bus nous amène directement au parking usuel des voitures, ni plus ni moins.
Après quelques négociations, je parvins à les convaincre : ce sera Conquête de l’Ouest sur Chamechaude, une voie semi équipée assez récente de Philippe Gay et Stéphane Vallon.
Le plan était de monter en bus et descendre en vélo pour s’affranchir des impératifs horaire du bus.
Et comme toute aventure ne vient pas sans son lot de péripéties d’autant plus quand la préparation est approximative, comme cette fois là, nous voilà servis.
Arrivés au bus, impossible de prendre les vélos à cause de travaux sur la route qui imposent un bus moins large et donc sans porte vélo. Peu importe, nous descendrons en stop !
Dans le bus, nous nous rendons compte qu’en semaine, le bus a son terminus avancé au col de Palaquit… 2 km avant le col de Porte. Bon. Nous finirons le trajet en stop dans ce cas. À 4, un matin de semaine, c’est joueur mais nous sommes prêts à jouer, au pire nous aurions passé un bon moment à rigoler.
Et ça paie ! La première voiture nous prend et nous pose direct au col, problème, solution. Une des seules habitantes du col qui déposait son enfant à l’école, la chance ne sourit qu’aux audacieux·ses, c’est ce qu’on se dit en arrivant.
Nous posons nos affaires dans les consignes toutes neuves du col et en avant, à la conquête de l’Ouest. Connaissant l’approche par cœur, ça déroule bien et en 1h nous sommes au pied.

La voie est fidèle à nos attentes, un véritable mixte chartrousin : de l’herbe, de la terre, du caillou moyen, des sections en calcaire gris compact magnifiques, de superbes lunules, des bonnes protections, du plaisir quoi.
L’enchaînement entre rappels et grimpe demande quelques manips mais participe au charme de la voie et nous plaît bien, ça permet aussi de s’attendre pour tous descendre sur la même corde ce qui nous permet de papoter et se raconter nos vies, ça change des grandes voies où l’on ne se voit qu’au début et à la fin.

Ce jour là personne n’insiste pour aller faire le sommet. J’aime bien cette idée de ne pas chercher toujours à tout cocher, ça me fait réfléchir à ma pratique et vision de la montagne.

Descente rapide et le pouce se lève au bord de la route. Nous divisons l’équipe en deux pour avoir plus de chances d’être pris et le choix paie très vite. 30 secondes et nous voilà embarqués pour Grenoble tandis que les copains montent dans la voiture suivante, à croire que c’est un arrêt de bus ! Nous y rencontrons deux randonneuses qui ont pris un jour de congés pour profiter de la belle météo. Au détour de ce court trajet chaucn·e découvre l’autre, ça papote de tout et rien et en un clin d’œil nous voilà arrivés à destination.
Depuis, cette philosophie, la recherche du moindre effort, m’est restée. Bien que j’aime bien me mettre des missions de temps en temps ou quand le choix n’est pas possible, réduire l’effort c’est cool aussi, c’est confortable, on papote, on organise ou debrief la sortie, de bons moments sans prise de tête et ça permet d’enchaîner plus souvent ces sorties sans s’en dégoûter.
Je redouble désormais d’inventivité pour cumuler les moyens de transport, changer d’itinéraire retour, tout ça pour moins forcer.
Et ça marche, j’arrive à faire en sorte qu’une grande partie de mes sorties ne dépasse pas 10-12km et 200-300 de dénivelé, soit au plus 1h environ.