En ce beau printemps tempéré très appréciable, l’idée d’une aventure en paroi sur deux jours vient à l’esprit de Corentin.
Souhaitant faire sa liste pour présenter le guide dans les prochaines années, il veut aller faire une grande voie avec une longueur d’escalade artificielle (comprendre en tirant sur tout ce qu’il peut être tiré, on oublie les chaussons!).
Et cette aventure ne rencontre pas un grand succès dans notre groupe de grimpeureuses..
“Beurk l’artif”, “très peu pour moi tirer sur les points” et j’en passe !
Mais moi ça me motive bien d’expérimenter cette pratique et passer une nuit en paroi alors let’s go!
Artif et bivouac sans voiture ??
Et la question qui suit est toujours la même : est-ce faisable sans voiture ?
Et par faisable j’entends réaliste parce que c’est toujours possible, sans exception.
Mais accordons nous assez de temps ? Le poids et l’encombrement sont ils supportable sur un vélo ? QUID de l’effort physique nécessaire ?
A priori pour moi ça me paraît trop court. Ayant de gros doutes sur la durée que l’on mettrait pour arriver à la vire, partir en vélo me paraît trop joueur.
Mais Corentin n’est pas de cet avis !
Avec le premier train qui arrive à 7h13 à la gare, même si on met 3h de vélo, qu’on commence à grimper à 11h, ça nous laisse encore 9h pour faire 6 longueurs avant la nuit.
Vu comme ça, le point timing est réglé.
Concernant l’encombrement, nous faisons la liste de tout le matériel, l’étalons par terre et les doutes disparaissent vite, ça va rentrer !
Et dernier point : l’effort physique.
En distance c’est peu, 18-19km.
Mais en dénivelé c’est autre chose 660d+ sur 7-8km donc quasi 8-10% de pente moyenne.
Le tout avec un chargement de 25kg et une contrainte de temps, large normalement mais existante.
Pour moi c’est trop et je veux pas me mettre une mission avant de passer 2j dans un truc que je n’ai jamais fait avant. Mais je n’abandonne pas le projet pour autant, pour pallier ce problème, le vélo électrique semble être la solution parfaite !
Et la densité de personnes disposant d’un vélo élec à Grenoble me permet de rapidement trouver un copain qui peut me le prêter pour 2 jours !
En selle 🚲
Le train pour grimper à Presles
Loin de nous l’idée de partir qu’en vélo !
Le train Grenoble-Valence nous rapproche tellement pour un prix très acceptable que nous n’allons pas nous en priver.
Après 25 min de vélo pour rejoindre la gare à 6h le jour J, nous voilà embarqué dans le TER.
Nous montons à l’avant du train pour la porte plus large et les nombreuses places vélo et nous fermons les yeux pour finir notre nuit.
La téléportation est réelle.
40 min après, fini la ville, le tramway, les immeubles, nous voilà en pleine campagne sur le quai de Saint Hilaire Saint Nazaire avec de superbes lumières matinales qui nous invitent à enfourcher nos vélos.
Le vélo
Je vous avoue que mes attentes d’un vélo électrique étaient grandes, trop grandes.
Mes premiers coup de pédales à faible assistance sont décevants mais au fond de moi j’espère que les assistances plus élevées seront réconfortantes en temps voulu.
Rapidement je vois Corentin partir devant, 100m, 200m, 300m et puis il se retourne l’air de dire “qu’est tu fais ?!”.
L’assistance ne suffirait donc t-elle pas à compenser notre différentiel de musculation de nos jambes ?
Corentin commence à douter de… mon assistance !
Il a confiance en mes jambes et s’étonne que je n’arrive pas à le suivre.
Arrivé à Pont en Royans, j’ai déjà bien sué alors qu’avec mon vélo j’avais trouvé ça facile à la dernière sortie. J’impose une pause boulangerie pour avoir une récompense à nous offrir une fois arrivés au départ de l’approche à pied.
Et nous voilà partis à l’assaut des 600m derniers de dénivelé, continus et réguliers sur 6-7 km.
Arrivé au pied, j’augmente l’assistance mais ne voit quasi aucune différence, la frustration augmente.
J’augmente encore et sent enfin un truc dans les jambes mais rien de comparable à tout ce qu’on m’a décrit par le passé : “rien à voir en termes d’effort“, “je ne force même pas“, “j’arrive en haut sans suer“. Je sue, j’en chie et 2 nouvelles pauses s’imposent (pour faire des photos bien sûr 🫣).
Je connais cette route pour l’avoir parcourue plusieurs fois en voit*** et je sais que la prochaine épingle est la bonne.
C’est fini, première étape terminée !
Nous vidons tous les sacs et cherchons à attacher nos vélos le plus cachés possible.
Lors de notre prochaine aventure avec voit*** (et oui, ça arrive encore!), nous en profiterons pour créer un chemin et un semblant de parking vélo pour les prochain·es aventurier·ères.
La grimpe
Une belle première voie d’artif pour nous deux avec nuit sur la vire en prime.
Une majorité de longueur en A1 finalement avec une L8 qui nous a bien surpris avec un vrai A2 qui réveille.
Un vrai beau voyage sur cette paroi bien raide de Buis, à faire !
Et le printemps nous régale avec de nombreuses hirondelles des rochers (trop vives pour être en photo), un faucon pèlerin et de très nombreuses fleurs à observer au relais !
Retrouvez le compte rendu de topo complet sur le blog La Cremerie sur le lien suivant :
La nuit sur la vire
Comment ne pas s’attarder sur cette nuit haut perché au dessus de Choranche.
Je ne compte pas le nombre de fois où j’ai grimpé cette face avec pour objectif de sortir à la journée voire “tôt” pour rentrer à la maison avant la nuit.
Ce jour là c’était différent, nous nous étions offert du temps et quel plaisir !
Partir dans la voie équipés de nourriture, eau et de quoi dormir a quelque chose de rassurant et relaxant. Quoi qu’il arrive nous passerons la nuit ici.
Avec ça en tête, plus besoin de courir au relais, on a le temps de s’émerveiller sur tout ce qu’on observe, profiter des lumières, des plantes croisées et oiseaux qui nous tournent autour.
Et l’artif est très propice finalement à cette approche. Pendus sur nos protections, rien ne sert de courir, il faut prendre son temps et être délicat·e.
Une fois le bivouac rejoint sur la vire, il est 17h. Nous avons 4h à partager avant la nuit, 4h à refaire le monde, à papoter de tout et de rien, à profiter de ce que nous avons la chance de vivre ce soir.
La nuit tombant, chacun rejoint son petit spot pour une belle et longue nuit au rythme du soleil.
Réveillés avec les lumières du jour, on s’émerveille à nouveau sur cette vallée qui entame une nouvelle journée, c’est pas souvent qu’on a la chance de l’observer de si haut !
Le petit dej avalé, on range tout et on part pour les trois dernières longueurs, le seul objectif de la journée.
Les beautés qu’on a croisé dans notre aventure
Le retour à vélo
Après ces 3 longueurs pour terminer notre aventure verticale, nous retrouvons nos vélos pour rentrer à la maison.
Les trains sont très réguliers donc aucune pression sur l’horaire, nous prenons notre temps et profitons pour manger, boire et délester les sacs.
La descente file à toute vitesse et en moins de 40-45min nous voilà de retour à la gare où un superbe Milan Noir nous offre un spectacle de haut vol à 10m au dessus de nos têtes.
Train retour
Montés dans le train, nous nous retrouvons avec 4 autres cyclo touristes à papoter de nos aventures respectives et vanter les bien faits de ce type de voyage et se plaindre demi manque de place dans les TER.
Une discussion somme toute classique quoi !
Ravis de notre aventure, nous rentrons les images plein la tête (et l’appareil photo!) et savourons ce doux moment de satisfaction qui sera remplacé, dans les prochains jours, par la hâte de la prochaine.
Notre retour d’expérience
Presles sans voiture n’est pas la meilleure destination pour une première fois sans voiture, aucun doute là dessus.
Pour autant, en prenant un des derniers train avec pour objectif de dormir au pied et grimper le lendemain, cela devient un projet de suite bien plus abordable.
La montée fait à la fraîche en fin de journée, une journée entière d’escalade avec un départ tôt et un retour tranquille en fin de journée, un bon planning !
Et concernant l’artif, on recommande ! C’est génial !
On prends le temps, on papote, on n’a pas mal aux pieds (ou pas longtemps) et ça fait vivre de nouvelles émotions.
Nos conseils pour partir grimper sans voiture à Presles
- Selon les secteurs
- Tous les secteurs approchés par le cabane café se font très bien avec le bus T64/65 qui va jusqu’à Villard de Lans puis en vélo jusqu’au cabane café (que de la descente sauf dernière montée raide)
- Tous les secteurs approchés par Tina Dalle se font par le train jusqu’à Saint Hilaire Saint Nazaire puis vélo jusqu’à l’épingle sous Tina Dalle.
- La majorité des secteurs peuvent également se faire du bas depuis Choranche en réfléchissant à un retour en rappel pour éviter de devoir contourner tout à pied.
- Les horaires
- Avec le 1er train, on fait largement une voie à la journée entre avril et septembre/octobre
- Avec le 1er bus c’est plus compliqué… Envisager de dormir une nuit à Choranche ou dans la voie si ça se fait !
- Les parkings vélo
- Pas encore d’aires dédiées aux vélos mais on va y travailler !

















































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